Synopsis 
Persuadée qu'il a besoin d'elle, Marianne décide de rendre visite à Johan dans la maison de campagne où il vit reclus. Entre eux, la complicité et l'affection sont réelles, malgré les trente ans passés sans se voir. Marianne fait la connaissance du fils du vieil homme, Henrik, et de la fille de ce dernier, Karin, qui habitent dans les environs. Tous deux ne se remettent pas de la mort d'Anne, l'épouse d'Henrik...
On r’fait le film
Paroles de Bergman dans la rencontre avec ses comédiens avant le tournage du film : « Je vais vous faire un aveu personnel. Il y a quelque temps, j’étais satisfait des idées que j’avais de la mort. J’avais été opéré et on m’avait donné trop d’anesthésiques, par erreur. Pendant huit heures, ils n’arrivaient pas à me réveiller. C’est fantastique car ces huit heures ont disparu de ma vie. Elles n’existaient pas. Depuis longtemps, je vivais avec la peur de mourir et j’avais écrit entre autres « Le septième sceau » à cause de cette peur. Cette expérience m’a apaisé. Mais quand Ingrid (son épouse) est morte, tout ça est devenu extrêmement compliqué. Je me disais : « Si c’est comme ça, je ne reverrai plus jamais Ingrid. Erland (Josephson, comédien du film) et moi, on s’est téléphoné le samedi et je lui en ai parlé. Je me sens obligé de vous raconter ça parce que c’est la clé. Ce sont les fondements de ce texte. J’ai expliqué mon dilemme à Erland. Que j’aimais bien l’idée de la mort comme définitive, comme le passage entre l’être et le néant. Mais que, dans ce cas, je suis face à un énorme problème car je ne reverrai jamais plus Ingrid. Et que c’était impensable ! Et Erland m’a dit : « Mais qu’est-ce que tu préfères ? ». « Revoir Ingrid, évidemment », je lui ai répondu. Et Erland a dit, très sagement, « va vers cette version-là alors ». C’est l’un des conseils les plus précieux que j’ai eu car je le suis. C’est fou, ça fait des lustres que les êtres humains réfléchissent à ce sujet, que ce problème les tourmente sans qu’ils trouvent une réponse. Imaginez que soit si simple… ».
Extraordinaire témoignage que celui-là, exprimant on ne peut plus clairement les fondements et les intentions de « Saraband ». Bergman, l’un des plus grands cinéastes sur la thématique de la mort, basculant en fin de vie du désespoir à l’espoir ! Dans le film, l’image d’une lumière éclairant l’intérieur d’une église, sonne comme une révolution dans le cinéma du réalisateur suédois ! La peur de la mort, dépassée en émotion par celle de la perte d’un être cher, offre une perspective inédite à l’œuvre considérable du cinéaste. « Saraband » fait dériver le long cheminement de l’ombre vers celui de la lumière.
Bergman, en rupture de fond et de sens, reste par ailleurs fidèle à lui-même, toujours en osmose avec ses vérités et ses monstres intérieurs et capable de les adapter, à vif, sur sa pellicule, jusqu’à son dernier souffle. « Saraband » nous joue la musique de ce monstre aux allures de fantômes qui hantent la mémoire des vivants et qui représente l’absence de l’être aimé, Ingrid, à qui le film est dédié. Paroles et musique d’un poète vivant à sa bien-aimée dans l’au-delà, comme un témoignage en images du dépassement de l’insoutenable douleur d’une perspective du néant.
« Saraband » se confond avec la vie du cinéaste mais également avec son œuvre car le cinéaste tisse un lien avec un de ses films phare tourné trente ans plus tôt : « Scène de la vie conjugale ». « Je les connaissais si bien que je pouvais me laisser aller à leur imaginer un destin 2 ». Mêmes personnages et mêmes comédiens pour jouer une variation sur le même thème de la relation difficile entre les êtres. Structuré en dix dialogues, quatre personnages et un fantôme (Anna/Ingrid) vont s’affronter, sur l’ultime représentation de la scène Bergmanienne qui prend des allures de film de chambre, à la croisée des chemins du théâtre et du cinéma. Entre épouse légitime et maîtresse comme Bergman aimait à le rappeler. Tout en nuance, simplicité, précision et pureté, la structure narrative respecte l’unité de temps, de lieu et d’action.
Peut-être un peu trop propre, minutieux, scolaire, sans grandes audaces, « Sarabande » n'atteint pas l'ampleur et la densité de certains des ses chefs-d’œuvre, mais il les rejoint pourtant en profondeur et en honnêteté. Comme c’est Bergman, clairement l’un des plus grands cinéastes du septième art, on pinaille. Mais ça reste du très grand art !
Sous la loupe et pour le plaisir - Basculement du cinéaste vers une dimension inédite chez lui
Avec James Caan, Anjelica Huston, James Earl Jones, D.B. Sweeney, Dean Stockwell, Mary Stuart Masterson, Dick Anthony Williams, Lonette McKee, Sam Bottoms, Elias Koteas, Laurence Fishburne, Casey Siemaszko, Peter Masterson, Carlin Glynn, Erik Holland,
Synopsis
En 1969, au cimetière militaire d’Arlington, à Washington. L’armée américaine procède à la cérémonie d’inhumation de quinze de ses soldats, tués au Vietnam. Parmi les victimes figure Jackie Willow, un jeune homme idéaliste qui piaffait d’impatience à l’idée d’aller se battre pour son pays. Pourtant, le sergent Clell Hazard, un ami de son père, avait très tôt tenté de lui ouvrir les yeux sur la réalité du bourbier vietnamien. En connaissance de cause puisque celui-ci venait d’y effectuer deux 'séjours', avant d’être muté contre son gré dans l’unité de parade d’Arlington.
On r’fait le film
Un travail extraordinaire de Coppola sur le point de vue. D’abord « les jardins de pierre » se profile comme regard différent de celui d’ « Apocalypse Now » sur le Vietnam, comme une immersion en coulisse, beaucoup moins spectaculaire, moins sanglant, mais tout aussi dramatique, un témoignage important, sans images de guerre proprement dites. Coppola propose le temps d’un film de modifier la sensation du spectateur, d’humaniser son regard. Le film s’ouvre en effet sur une cérémonie de deuil dans un cimetière militaire, séquence que l’on retrouvera presque à l’identique pour clore le récit. Entre temps, un récit modifiera le regard du spectateur sur cette même séquence dans une volonté d’humanisation évidente. Ce que l’on regardait au début sans sensation, un peu comme si on se retrouvait devant un journal parlé, devient pour finir touchant. Le spectateur métamorphosé par un point
de vue initialement froid et indifférent vers un regard impliqué. Sans nul doute, à nouveau une immense virtuosité du réalisateur, jouant subtilement du code de narration pour emmener son spectateur exactement là où il le désirait.
"Gardens Of Stone", c’est le nom donné par les soldats au Cimetière National de Arlington situé tout près de Washington DC. Ces "jardins" sont gardés par des soldats d’élite nommés "Old Guard", dirigés par des vétérans les plus décorés plus en service. Être de la "vielle garde" est un honneur, mais pas seulement… D’un autre point de vue, ces « Old Guard » peuvent être vus et ressentis comme des soldats d’opérette portant les insignes de l’infanterie au moment même où la vraie infanterie est plongée jusqu’au cou dans la bouse du Vietnam. « Old guard » ou le show-business militaire et ses soldats d’opérette de la nation américaine, défilant avec des fusils à blanc et des baïonnettes inoffensives. Le kabuki du métier des armes offrant le spectacle des bouffons à la cour de Mars, Dieu de la guerre. Coppola propose un regard ambigu en mêlant le discours amer, cynique et irrévérencieux à celui d’un
hommage profond pour ces guerriers de pacotille qui honorent les morts. Ce qui est brillamment suggéré dans ce récit, c’est la notion de culpabilité qui règne dans les esprits-mêmes des soldats qui apparaissent comme des planqués. Et bien au-delà de ce regard sur ces soldats en coulisse, c’est de la guerre du Vietnam dont Coppola veut en encore parler ici. Un point de vue à la fois cynique et compatissant qui rejoint complètement celui d’ « Apocalypse Now », mais sous une autre formule d’approche. A noter l’utilisation d’une musique de Barry Lyndon , qui est certainement l’occasion pour Coppola d’indiquer à quel point il est d’accord avec Kubrick sur le côté « folie de la guerre », avec cette même intension d’unir dérision et dramatisation dans un regard plus global sur le traitement cinématographique de la guerre au cinéma.
Francis Ford Coppola, un génie du septième art. Peut-être le cinéaste qui a le mieux créé l’humanité dans les récits. Une virtuosité au service du cœur. « Gardens of stone », la face B, le côté yang de « Apocalypse Now ».
Avec James Caan, Anjelica Huston, James Earl Jones, ...
Année de production : 1987
Avec Guillermo Toledo, Mónica Cervera, Luis Varela, Fernando Tejero, Kira Miró, Enrique Villén, Alicia Andújar, Eduardo Gómez, Javier Gutiérrez, Montse Mostaza, ...

Synopsis
Rafael est un séducteur ambitieux. Il aime les belles femmes, les vêtements chics et les ambiances raffinées. Il se sent supérieur aux autres. Il est convaincu qu'un jour, il parviendra en haut de l'échelle. Rafael possède un don. Il est né pour vendre. Il a ça dans le sang. C'est pour cette raison qu'il travaille dans un grand magasin. Le rayon Femme est son royaume. Les vendeuses de parfums sont toutes folles de lui.
On r'fait le film
Déjà dans le titre du film, comme un air connu, celui d’Hitchcock bien sûr et de son « Crime presque parfait ». Et à bien y regarder, on peut facilement tracer des parallèles entre le cinéma du Mæstro Hitchcock et celui de De la Iglesia, entre « Frenzy » et « Le crime farpait », dans cette manière décalée, proche du burlesque, de noircir le trait de la comédie. Egalement un lien entre les deux cinéastes, dans les thématiques chers à Hitchcock, à savoir celles de la culpabilité et du perfectionnisme. Dans « Le crime farpait », l’homme porte tout le poids des imperfections du monde !
Le héros de ce conte moderne et burlesque, Alex de la Iglesia le voit comme un Macbeth du 21è siècle avec ce désir de vivre hors de la réalité dans un monde élégant et sophistiqué. Et comme le héros Shakespearien, le personnage central, Raphael, devra subir les affres de la malédiction.
Hitchcock, Shakespeare, mais également Chaplin ou Kubrick, dans cette manière de se livrer à une attaque en règle du fonctionnement du monde par le biais du rire et du burlesque. Ici, c’est le monde consumériste qui est la cible, celui des effets de mode futiles, celui qui a pour Dieu la beauté, celui qui ne récompense que la réussite sociale. Et Alex de la Iglesia qui finalement ne fait que porter le masque du clown pour mieux rire ou pleurer des Clowns que nous sommes tous, qui érigeons le futile comme maître d’un monde décadent. Le basculement établi par le scénario, d’un monde sophistiqué à celui des fruits maudits qu’il porte en lui, par le prisme des yeux du clown, est savamment mis en scène, dans un mélange d’authenticité, de cynisme audacieux et de dynamisme dans le ton. De plus, on notera la qualité des comédiens, tous à leur place, crédibles et bourrés de talent.
Sûr et certain que ce metteur en scène espagnol vient de signer là une œuvre originale très réussie, en adéquation avec les problèmes de son temps. « Le crime farpait », une observation farpaitement burlesque et cynique du monde
1936. Indiana Jones, archéologue aventurier est parti à la recherche d'une idole sacrée au fin fond de la jungle péruvienne, où il échappe de justesse à un guet-apens fomenté par son adversaire René Belloq. Il pense être revenu au calme en rejoignant sa chaire d'archéologie à l'université, mais les services secrets et son ami, conservateur du National Museum de Washington, vont lui confier une nouvelle mission : retrouver le Médaillon de Râ. Cette antiquité égyptienne pourrait les mener à l'Arche d'Alliance qui conserva en son temps les tables des Dix Commandements…
On r'fait le film
Avant la réalisation de ce projet, existe une envie de Spielberg de réaliser un James Bond. Mais à l’époque, les producteurs du célèbre agent secret n’entendaient pas travailler avec un américain. Il fallait à tout prix que le produit reste un label anglais ou ex-empire britannique. Les choses ont changé aujourd’hui. En fait l’idée d’Indiana Jones est née d’une frustration. A bien des égards, la série des Indiana pourra être comparée à celle des James Bond, notamment dans cette volonté permanente de lier l’action à la comédie au sein d’une narration qui ne se veut ni réaliste ni logique, dans un but de divertissement avant tout. Avec un rien d’imagination, on pourrait aisément simuler James Bond dans les aventures d’Indiana Jones. Les aventuriers ont beaucoup de choses en commun : ils sont tous deux séducteurs, héroïques ; il possèdent tous deux une face cachée. Que fait Bond lorsqu’il n’est pas agent ? Pour Indiana, on le sait, il est prof d’unif. Enfin, ils possèdent tous deux une panoplie de gadgets qui leur sont propres… un walter PPK, pour l’un, un fouet pour l’autre, etc. Pour mettre en œuvre son projet, Spielberg va s’associer à l’autre plus grand money maker de la planète, Georges Lucas, dans un duo qui va s’avérer explosif !
Pour l’écriture du scénario, les duettistes vont penser à Lawrence Kasdan qui venait de sortir de la réalisation de « La fièvre au corps » et qui avait déjà travaillé pour Georges Lucas à l’écriture de « l’empire contre-attaque ». Kasdan va réaliser un excellent travail, peaufinant les caractéristiques des personnages, mélangeant mythologie et grands espaces, multipliant les rebondissements. Une des belles réussites de l’écriture est d’avoir mélangé l’imagination pure et vérités historiques. Par exemple, les nazis ont vraiment recherché le Saint Graal. Un très beau travail d’écriture comme Kasdan le prouvera souvent par la suite. Les duettistes ont eu le nez très fin en le choisissant. 
Par la suite, Spielberg va mettre ce scénario en scène avec brio dans un rythme effréné et avec beaucoup d’imagination sur le travail de l’image. Le montage final très réussi, le choix judicieux d’Harrison Ford, très crédible, dans la peau d’Indiana, la bande originale légendaire de John Williams, vont permettre à ce film de rentrer dans la légende du septième art.
Du divertissement de série B très haut de gamme, qui l’air de ne pas y toucher, se moque des nazis tout comme « La grande vadrouille » d’Oury le faisait à sa façon, dans un ton de comédie. Totalement dans un autre registre que « La liste de Schindler », les deux films ont quand même en commun de tirer sur la même cible. L’air de ne pas y toucher, Spielberg, avec son personnage pourchassé par les nazis, crée l’archétype du héros mondial anti-nazi. Il ne manquerait plus que Indiana Jones soit juif ! Il était juif, Indiana Jones ?
Avec Harrison Ford, Karen Allen, Paul Freeman, ...
Année de production : 1981
Synopsis
Ken, policier appartenant à la G4, enquête sur un officier de police qui a dérobé des dossiers sur certains de ses confrères avant de mettre le feu aux locaux. Ce dernier affirme avoir agi en état d’hypnose. Convaincu que l’officier dit la vérité, Ken décide alors de faire appel à Jack, un psychologue/hypnotiseur de renom incarcéré depuis plusieurs années pour le meurtre d’un collègue. Jack est rapidement convaincu que le vrai coupable n’est autre que le « Cerveau », un puissant hypnotiseur et redoutable criminel qu’il avait contribué à faire arrêter plusieurs années auparavant, et dont il est le seul à pouvoir reconnaître le visage. Avec la collaboration de Jack, Ken se lance à la poursuite du « Cerveau », sans se douter qu’il est le jouet d’une effroyable machination...
On r’fait le film
Même dans ses productions les moins innovantes, l’Asie parvient à se démarquer en qualité du reste du monde. « Heroic duo » en est un exemple type, car faute de réelle créativité artistique, le film n’en possède pas moins cette obsession de vouloir bien faire, alors même que l’option première se veut « commerciale ». Comme l’indique l’excellent Jean-Pierre Dionnet en introduction au film, le cinéma de divertissement made in Hong-Kong rime quasi en permanence avec qualité. Ce souci de bien faire règne en maître dans l’esprit de tous les créateurs, du réalisateur au compositeur, chacun étant profondément préoccupé par cette envie de faire partie du label « Hongkongais ». Ce qui apparaît également quand on écoute chacun des intervenants sur les bonus du dvd, c’est la comparaison qui est faite en permanence entre leur qualité technique et celle offerte depuis longtemps par Hollywood. Il règne comme une atmosphère de complexe d’infériorité dans l’esprit des créateurs asiatiques, cherchant en permanence à faire jeu égal avec Hollywood, voire à en découdre. Et bien sûr, au-delà des paroles et de l’intention, tout ça va transparaître pour de vrai dans le film.
Après, on peut s’amuser à faire des comparaisons entre cette multitude de produits de qualité asiatiques et de constater que Benny Chan possède moins de talent que Johnnie To, de préférer par exemple « Breaking news » à cet « Heroic duo » moins imaginatif et moins audacieux. 
Pour entrer plus précisément dans le caractère d’Heroic duo », on constate immédiatement une très belle énergie dans le montage qui accompagne une mise en scène de qualité. Les séquences se suivent dans une volonté de ne pas s’offrir entièrement, de laisser la part belle au suspense et l’imagination. On reçoit les éléments goutte à goutte, sans comprendre totalement ce que l’on regarde. Mais c’est construit de manière telle qu’on a envie de se laisser faire et de jouer le jeu de cette légère incompréhension. Le film s’appuie sur un scénario solide, assez original, se faufilant entre polar et fantastique, s’amusant à jouer du contre-pied narratif en permanence. A cet égard, on pourra un peu regretter la construction du « méchant à l’occidental » incarné par le comédien Ng, venant légèrement polluer l’ensemble narratif.
Certaines images sont très fortes, comme par exemple dans la séquence où on utilise une échelle pour passer entre deux bâtiments afin de procurer une sensation forte de vertige. Je suis sûr que Hitchcock himself aurait adoré cette séquence et aurait eu l’envie de l’introduire immédiatement dans son sublime « Vertigo ». Les comédiens sont excellents, très bien dirigés.
« Heroic duo » ne possède aucune originalité. Il n’invente strictement rien du tout, se laissant même aller à quelques facilités ou faiblesses ci et là. Il se contente de faire partie du label Hongkongais, dans ce qui apparaît à la fois comme peu et très ambitieux à la fois.

Décors en carton pâte et jeu beaucoup trop théâtral des comédiens. Ca parle, ça parle et parle encore mais pas dans la langue de Shakespeare. Douglas Fairbanks Jr, dur, dur... Il surjoue tout, avec un sourire permanent qui lasse rapidement. Anthony Quinn n'est pas encore Anthony Quinn et se laisse entraîner par le niveau ambiant. La sublimissime Maureen O'Hara - Sinbad l'appelle "fleur épanouie ! Moi j'en veux tout un bouquet ! - qui ressemble à tout sauf à une arabe, n'a que sa beauté naturelle pour exister. Pour moi, c'est devenu tout simplement irregardable.
Avec Douglas Fairbanks Jr., Maureen O'Hara, Walter Slezak, ...
Année de production : 1947
fond. C'est bien la musique rock pour encadrer une Histoire d'époque... Mais pour quoi faire au juste ? A chaque image, j'ai l'impression d'entendre : "Regardez comme je suis inventive, comme je répète les thèmes abordés dans mes précédents films". Sofia Coppola me fait penser à une enfant gâtée, éternelle adolescente, qui ferait bien de mûrir un peu. Dans ses réalisations précédentes, elle a touché de plein fouet l'émotivité du public adolescent en tournant autour du thème de la solitude par exemple. Maintenant, elle tire sur cette corde une troisième fois... 1,2,3 Soleil ! Bon ça suffit Sofia ! Maintenant tu ranges tes jouets et ta poupée "Marie-Antoinette" à 40 millions de dollars" ! Papa t'aime beaucoup, mais bon, faut tout de même pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages !
Avec Kirsten Dunst, Jason Schwartzman, Rip Torn, ...
Année de production : 2005
Synopsis
Nora (Emmanuelle Devos) a trente cinq ans et un fils, Elias. Elle s’apprête à épouser un homme riche, correct, « qui lui convient » comme elle l’affirme. Ismaël (Mathieu Amalric) est un musicien légèrement suicidaire, qui vient de se faire interner dans un hôpital psychiatrique à cause d’un mystérieux tiers. Avant, tous les deux se sont aimés, à la folie. Aujourd’hui, il souffre au grand jour alors qu’elle reconstruit à tout prix. Jusqu’au jour où son père qu’elle aime tant doit mourir, brusquement.
On r’fait le film
L’homme et son universalité où chacun est lié à une humanité bien plus grande que lui-même. Desplechin voit grand en jouant autour de thèmes fondamentaux tels que l’amour, la mort, la filiation, la quête d’identité.
Le temps présent, fruit du temps passé, hier et aujourd’hui, inséparables. « Rois et reine », merveilleux travail de mémoire, s’accrochant aux mythes classiques pour exprimer la tragi-comédie moderne où l’homme est assujetti à une chaîne généalogique. L’homme vu dans sa globalité complexe sur une ligne du temps, l’homme qui côtoie ses fantômes. Desplechin ou l’art de l’ensemble, du groupe, avec des personnages pour s’inventer une famille fictive. Le cinéaste s’inscrit dès lors au sein d’une famille cinématographique qui ne regardait l’homme qu’au travers du groupe : Renoir, Sautet, Kusturica, Hawks, Katsuhito, Wes Anderson. Belle filiation !
Et puis cette capacité extraordinaire d’humaniser son propos en plongeant dans le dérapage humain, parfois jusqu’à l’horreur, le temps d’un plan ou d’un monologue. : une fille montre un visage horrifié le temps d’un plan très court lors d’une conversation. Un père écrit une lettre de haine envers sa fille. Un homme refuse d’adopter un enfant. Desplechin ose pénétrer la souffrance humaine avec tout ce qu’elle possède parfois d’horreur. Un regard sans concession, lourd et léger à fois, car le cinéaste n’oublie jamais de sourire de son propos dans cette tragi-comédie moderne bourrée d’audace et d’humanité. Desplechin ou le cinéma dépressif burlesque.
Attention, un cinéaste énooooooooooorme est né. Tant mieux pour la France qui en manque cruellement.
Sous la loupe et pour le plaisir - L'homme et son universalité
Sous le générique, une voix off : "Zeus aimait la belle Léda, épouse du mortel Tyndare, neuvième roi des Spartes. Il l'aborda sous la forme d'un Cygne". Deux rois pour une reine. Paroles qui nous renvoie aux mythes grecs et plus globalement à une mémoire collective, aux souvenirs universels.
Premier plan s'ouvrant sur un point de vue en contre plongée, vers le ciel et le sommet des arbres. Des panneaux de signalisations indiquent la présence de la civilisation. Les mortels en dessous de Zeus ?
Le point de vue descend à hauteur des hommes et de la civilisation, tout en gardant un oeil sur le ciel.
Le point de vue se focalise sur une femme, Nora, exemple de mortelle de la civilisation
...Ayant rapidement une pensée et un regard pour le "ciel"
Elle s'arrête un moment devant une boutique exposant des dessins de mythologie.
Nora s'intéresse à une gravure de Léda
La chambre de son fils, et un poster représentant des dinosaures, renvoyant à la mémoire d'un lointain passé des mortels.
Nora face son père, son passé mortel, sa mémoire vivante.
Le père écrit sur sa fille, sa mémoire vivante, son futur mortel.
Nora offre la gravure de Léda à son père, transmition de la mémoire universelle d'une fille à son père.
Synopsis
Shannon, un « pistolero » légendaire, a recueilli plusieurs années auparavant un petit enfant indien, Keoma, qu’une vieille femme lui avait confié. Mais ses trois fils légitimes ont très mal accepté le nouveau venu. Keoma, de retour de la guerre, ne retrouve plus rien de son passé, et découvre le village de son enfance ravagé, sous la domination d’une bande sans foi ni loi…
On r’fait le film
Enzo Castellari : "Le grand succès remporté par le film a pu faire penser à une renaissance. En réalité, il s'agissait davantage d'un chant du cygne pour le genre." Au milieu des années 70, le western spaghetti et le cinéma italien sont à l’agonie, contré par le succès du petit écran. Pour beaucoup, « Keoma » constitue le dernier dinosaure du genre. Quentin Tarantino, par exemple, a souvent cité Enzo G. Castellari au rang de ses influences.
Enzo Castellari : "Keoma est un film-somme, inspiré de tous les films que j'avais aimés... mais réinterprétés à ma façon ! Par exemple, la rencontre avec cette allégorie de la mort constitue ma citation du « Septième sceau » d'Ingmar Bergman. Quant au discours prononcé après la mort du père, il m'a été inspiré par la composition de Marlon Brando en Marc-Antoine, dans le « Jules Cesar » de Mankiewicz. Mais malgré cette conception au jour le jour, le film peut être perçu comme homogène". Clair que l’on ressent aisément des influences tout azimut à la vision du film parmi lesquelles on peut également noter Leone, Peckinpah, Ford, Corbucci et la Bible. Le personnage de Keoma fait immédiatement penser au Christ, par exemple dans la séquence où Keoma se retrouve attaché à une roue, qui renvoie à l’image de la crucifixion. Castellari, lui, indique que cet aspect ne lui est apparu qu’après coup. Etrange, tout comme le résultat final, qui il est vrai, propose une homogénéité et une originalité surprenantes. Une très grande richesse narrative offrant une multitude de symboles propices à diverses interprétations. A certains moments, on atteint des sommets, notamment dans la relation qui unit Keoma et la vieille sorcière dans ce qui apparaît comme qu’une merveilleuse représentation allégorique de la mort, à l’influence bergmanienne. A d’autres moments, le dialogue offre quelques lourdeurs : « A quoi ça sert de faire la guerre ? ». Mais dans l’ensemble, c’est plutôt haut de gamme.
Le sommet du travail se situe dans la mise en scène. On sent Castellari amoureux de l’ellipse narrative. Aller vite, gagner du temps à tout prix pour une efficacité maximale ! Le montage extrêmement rythmé et audacieux confine parfois à l’exercice de style. La séquence où Keoma adulte retrouve l’enfant qu’il fût, par le biais d’un montage alterné dans le temps, offre un sommet d’efficacité, surtout pour l’époque. Castellari, l’amoureux d’esthétisme, maître du cadrage et du décor, nourrissant chacun de ses plans d’originalité et de vie. Par exemple, le cadre est constamment obstrué par un élément ou l’autre pour construire une nouvelle perspective à l’image. Castellari, le cinéphile de bon goût, qui pique allègrement le coup du ralenti à Sam Peckinpah. Et il en use et abuse, sans complexe ! Aujourd’hui les cinéphiles avertis le nomment d’ailleurs Slo-Mo Enzo ou le Peckinpah italien.
Keoma, œuvre magique qui perpétue très bien l’atmosphère désenchantée propre au western spaghetti.
Synopsis
Deux jeunes filles se rencontrent sur une route. L'une pousse un caddie surmonté d'un goëland, l'autre, en robe de mariée, vient d'être battue puis abandonnée par un homme. Désormais amies, elles vont vivre des aventures rocambolesques.
On r’fait le film
Au départ, existe la volonté pour Blier de travailler « Les valseuses » au féminin, Anouk Grinberg et Charlotte Gainsbourg se substituant au couple Gérard Depardieu/Patrick Dewaere. Mêmes personnages déphasés, vivant dans une sorte de No man’s land à la Blier, en rupture avec le fonctionnement d’une société traditionnelle dont le réalisateur dénonce l’immobilisme, la froideur, le manque de solidarité. Les personnages déambulent dans un paysage vide de vies humaines que Blier va petit à petit remplir de ses fantasmes affectifs, comme dans tous ses films. On se rappelle par exemple les tours vides et le métro sans vie de « Buffet froid », sommet artistique du metteur en scène. Ensuite, Blier établit en permanence un choc frontal entre ses personnages fictifs et le monde réel tel qu’il le perçoit amèrement. Il va articuler ses personnages, comme des marionnettes révoltées, en quête de chaleur et d’amour sublimés. Chez Blier, le monde réel se transforme petit à petit, par une démarche d’exaltation contrôlée, vers un espace artistique surréaliste. Il va peindre toute sa noirceur intérieure sur le tableau de l’art de la distanciation et de la suggestion tragi-comique. Chez Blier, tout est vrai, rien n’est vrai, toujours à l’extrême, comme sa façon de nourrir copieusement le cadre de vies humaines. On se rappelle du père Blier entourés d’une trentaine de flics dans « Buffet froid », de la multitude de personnages dans la villa de Galabru pour « Notre histoire » ou encore cette même abondance de vies humaines entourant le couple Bellucci/Campan dans « Combien tu m’aimes ? ». Dans « Merci la vie », idem, dans ce qui apparaît comme une véritable signature artistique de l’auteur, sorte de rééquilibrage affectif en réponse à la froideur ambiante dénoncée. « Tu l’as sens, l’émotion qui passe ? » Oui Bertrand…
Dans « Merci la vie », cette quête d’amour sublimée va se heurter violemment à ce que Blier considère comme une injustice. Nous en sommes en 1990, en pleine effervescence du sida. Les gens meurent jeunes. L’amour est devenu un véritable danger. S’aimer, c’est potentiellement mourir. « Merci la vie », à la fois un cri d’amour pour la vie et un cri de douleur contre la mort injuste contre-nature. Blier va mettre l’époque en perspective, se rappelant de la période de guerre où les gens mouraient également artificiellement. Blier met subtilement en évidence la confusion qui règne, notamment par la bouche de Michel Blanc : « Il faudrait qu’on se mette d’accord sur l’époque : soit il y le sida, et il n’y a pas d’allemands ; soit il y a des allemands, et il n’y a pas le sida. Et alors on baise. ». Car en définitive, on ne peut jamais baiser tranquillement, quelles que soient les époques. Dans « Merci la vie » Blier se révolte moins contre la société que contre le non-sens qui l’anime, illustré par exemple avec la chanson de Brel, brillamment interprétée par Arno : « Toi, si t’étais le bon Dieu, tu ne serais pas économe de ciel bleu ».
« Merci la vie » correspond à la réponse d’un artiste au désordre qu’il ressent. Et ce sentiment embrouillé, Blier va le projeter dans son écriture elliptique très violente, en rupture permanente avec le sens commun et la logique grammaticale. Puisque le monde est illogique, la narration en empruntera le même cheminement incohérent. Et tout ça bien sûr, dans une maîtrise parfaite d’écriture et de mise en scène. « Merci la vie » ou quand l’incohérence file le parfait amour avec la cohérence.
A tous les niveaux, « Merci la vie » frôle avec le génie artistique. Merci Blier, merci la vie !
Avec Charlotte Gainsbourg, Anouk Grinberg, Michel Blanc, ...
Année de production : 1990
Synopsis
Snow Hill, un petit village de l’Utah perdu dans la neige, où les chasseurs de primes font régner la terreur en tuant des hors-la-loi alors que le gouverneur s’apprête à amnistier ces derniers. Cette amnistie prochaine provoque une montée de la violence de la part des chasseurs de primes qui font un véritable massacre. Les villageois se réfugient dans les collines enneigées pour échapper aux chasseurs menés par Tigrero, le plus impitoyable d’entre eux. Mais la faim commence à se faire sentir. C’est à ce moment là qu’un mystérieux cavalier fait son apparition. Apparemment muet, on le connaît sous le surnom de ‘Silence’. Les villageois lui demandent d’éliminer Tigrero. Il arrive donc à Snow Hill où il semble avoir des comptes à régler. N’éliminant ses adversaires qu’en état de légitime défense, il tente de provoquer Tigrero mais en vain. Un shérif dépêché par le gouverneur, arrive bientôt pour tenter de rétablir un semblant de loi à Snow Hill. Mais n’est-il pas déjà trop tard ?
On r’fait le film
Ce qui apparaît rapidement dans ce « grand silence », c’est une envie de se démarquer. Le premier plan offrant la vue d’un paysage enneigé propose une visualisation assez inédite de l’ouest. Le choix même de Trintignant dans l’interprétation du rôle principal participe de cette envie d’innover et de surprendre. Le pistolet automatique Mauser que « Silence » s’empresse chaque fois de bien refermer dans sa housse n’est pas non plus ce qu’il y a de plus prisé dans le « western » cinématographique, autant Hollywoodien qu’italien. Des tas de petites touches assez originales qui réussissent à former un tout assez particulier, par ailleurs construit sur des fondements très classiques. Par exemple, dans les caractéristiques des personnages où l’on retrouve les immuables héros solitaires, incorruptibles shérifs, splendides veuves, bandits sans foi ni loi et meilleurs tireurs de l’Ouest. On se retrouve donc bien dans la notion même du genre « Western spaghetti » voulant à la fois démarquer et s’apparenter au classique Hollywoodien. Comme le fera un peu plus tard Francis Ford Coppola pour « Le Parrain » dans le genre « film de gangster », Sergio Corbucci va ajouter du réalisme et de la noirceur au tableau habituel. Difficile pour les cinéastes italiens de se détacher de leur propre histoire cinématographique néo-réaliste. Mais c’est justement de cet emprunt aux deux cultures européennes et américaines mélangées, que va naître ce nouveau monde cinématographique assez fabuleux que l’on retrouvera par exemple chez Leone dont Corbucci a été l’assistant, chez Coppola, Scorsese ou Tarantino. Pour Leone et Tarantino, on pourra même parler d’une troisième source classique empruntée au cinéma asiatique. 
En tout cas, ce qui va caractériser au plus haut point ce « Grand silence », c’est ce basculement du genre dans noirceur totale, encore plus loin que ce que ne l’avait proposé Leone. Une atmosphère Dostoïevskienne, un monde démoniaque qui tranche avec la blancheur paisible du décor, Corbucci poussant le nihilisme à l’extrême. « Le grand silence » suggère un monde où le chaos règne en maître absolu, où la loi du plus fort écrase toute logique, même celle du héros. On se retrouve donc bien dans une perspective d’antithèse du western américain et d’anti-héroïsme. D’ailleurs la fin, considérée beaucoup trop pessimiste lors de sa sortie, s’est vue remanier pour sa sortie aux Etats-Unis. Un monde désenchanté à l’extrême qui va devenir culte pour un certains public en quête d’alternative et d’originalité cinématographique. Malgré quelques faiblesses parfois d’un point de vue de mise en scène ou de dialogue, la puissance d’originalité l’emporte malgré tout. On notera le jeu de Trintignant sur les traces de Robert Mitchum et de son illustre underplaying (je ne fais rien mais l’on ne voit que moi) et celui, plus étonnant de Klaus Kinski, d’une sobriété tout à fait inédite chez lui, mais toujours aussi inquiétant. Et puis Ennio Morricone, qui réussit une très partition musicale en osmose avec le désenchantement proposé.
Avec Jean-Louis Trintignant, Klaus Kinski, Frank Wolff, ...
Année de production : 1968
Synopsis
Sur une île, dans le village de Nomen Tuum, des succubes pervertissent les hommes avant de les tuer et les donner en pâture au dieu des ténèbres. L'une d'elles, Kia (Allyson Ames), voulant se lancer un défi plus difficile que de séduire les hommes trop facilement corruptibles, part à la rencontre de Marko (William Shatner), un jeune soldat blessé au front et revenu auprès de sa sœur Arndis (Ann Atmar). Kia ne peut s'empêcher de tomber amoureuse de cet homme qui lui voue un amour pur. Souillée par ces sentiments, elle fait appel à son frère, le maître des ténèbres : Incubus (Milos Milos).
On r’fait le film
Une œuvre atypique, autant par les événements extérieurs qui vont l’entourer que par sa démarche artistique.
Tout d’abord, il y a cette volonté du metteur en scène de travailler en esperanto, langue artificielle créée au 19éme siècle qui se voulait universelle et qui signifie « celui qui espère ». Derrière ce choix, il y a bien sûr une volonté d’universalité et d’originalité mais surtout le besoin d’offrir un langage propre au monde particulier qu’il met en scène, un langage qui se démarque des langages communs. Un peu comme dans « Orange mécanique » ou « Star Wars » : le langage original traduit la particularité du monde proposé. Avec « Incubus », on se retrouve bien dans une fable mythologique, plongé entièrement dans un nouvel espace-temps. On le voit ici, Leslie Stevens possède une bonne dose de prétention artistique, qui va se refléter également dans sa proposition très poussée de mise en scène.
On se situe donc dans une fable mythologique qui va puiser ses références tout azimut, autant dans la formalité de la tragédie grecque que dans l’atmosphère du Necronomicon de Lovecraft, ou encore dans style visuel d’Orson Welles et d’Ingmar Bergman. Le résultat est assez déconcertant, peu et très original à la fois, où les séquences se succèdent avec des styles très contrastés, proches de l’incompatibilité. En permanence, le film souffle le chaud et le froid. Il y a ces séquences théâtralisées à outrance, avec des acteurs figés récitant des répliques métaphysiques en esperanto ! On assiste peut-être là aux réminiscences de l’auteur de théâtre qui a travaillé pour la troupe d’Orson Welles. L’ennui côtoie le sublime, les acteurs étant parfois mal cadrés, puis d’un seul coup, sublimement photographiés dans un cadrage très Bergmanien où les corps et les visages se rapprochent intensément. Une mise en scène qui oscille entre rigidité théâtrale et mouvement cinématographique. Le jeu des comédiens, lui aussi en déséquilibre…les comédiennes blondes glacées, tout droit empruntées également à l’univers Bergmanien sont très crédibles, à l’image de la très belle et charismatique Allyson Ames. Mais l’homme, interprété par William Shatner, pas du tout. On aurait préféré l’apport de comédiens Shakespeariens tels que Laurence Olivier ou Alec Guiness qui arrivent en permanence à se jouer subtilement de ce genre d’exercice de style. Ce n’est pas pour rien que Georges Lucas a choisi délibérément Alec Guiness pour endosser le rôle d’Obi-Wan Kenobi. En costume ou dans les époques hors du temps, personne n’est jamais arrivé à rivaliser avec les comédiens de la « Shakespeare Company », sauf peut-être… les comédiens de Bergman. On dira qu’en ce qui concerne la direction d’acteurs, Leslie Stevens aura eu le nez à moitié fin.
A côté de ces séquences très théâtrales, Leslie Stevens va proposer un univers visuel très puissant, mélange d’audace à la Orson Welles et de poésie à la Bergman.
Le travail sur l’image constitue la force vive du film dont on ne saisit pas réellement s’il est totalement influencé ou génialement inventif. Quoi qu’il en soit, certaines images restent mémorables comme par exemple le jeu des herbes folles qui dansent vues de l'intérieur d’une maison, la caméra qui poursuit d’abord à l’endroit, puis à l’envers la comédienne pour éviter un classique champs/contre champs, l’observation sous eau d’un personnage, etc.
Le récit, lui aussi, souffle le chaud et le froid. L’idée de déstabilisation du démon par le bien est assez originale, mais son traitement sombre rapidement dans un manichéisme pro bénitier.
Ce film a connu un destin maudit. Il n’a jamais connu de sortie aux Etats-Unis et un incendie détruisit presque toutes les copies. Il a longtemps été considéré comme disparu, les quelques copies restantes ayant été égarées. Heureusement la cinémathèque de Paris possédait encore une copie sous-titrée, restaurée par la suite, pour la sortie du dvd en 2001.
Une œuvre d'art et d'essai miraculée, de toute façon très atypique, mélangée de sublime et de médiocrité, qui ne pourra qu’exciter la curiosité du cinéphile en quête d’originalité.
Avec William Shatner, Milos Milos, Allyson Ames, ...
Année de production : 1965
Avec : Denzel Washington, Jodie Foster, Clive Owen, Willem Dafoe, Chiwetel Ejiofor, Christopher Plummer, Carlos Andrés Gómez, Kim Director, James Ransone, ...
Synopsis 
Dans une banque internationale située au coeur de Wall Street, un cambrioleur manipulateur (Clive Owen) tente de commettre le vol parfait. Pour contrecarrer son dessein intelligent, un détective ambitieux et soupçonné de corruption (Denzel Washington) veille plutôt à sauver la vie des otages, aidé par un capitaine de police plutôt désabusé (Willem Dafoe). Attirant la foule qui augmente, la banque assiégée devient vite le centre d'attention des caméras de télévision. Mais le richissime banquier, au visage janusien de philanthrope et de Faust (Christopher Plummer), ne craint pas que pour ses sous. Quand il fait intervenir son émissaire machiavélique dans la négociation (Jodie Foster), la partie du chat et de la souris vire au jeu d'échecs à trois joueurs.
On r’fait le film
Spike Lee à la barre d’un blockbuster, voilà déjà de quoi étonner. Allait-il vendre son âme au diable ou bien surprendre ? Rares sont ceux qui ont réussi à manoeuvrer avec brio entre film d’auteur et objectif commercial, mais ils existent : Coppola, Spielberg, Cameron, Eastwood par exemple. 
Avec cette réalisation, Spike Lee va démontrer une nouvelle facette de sa personnalité : la capacité de mouvement. Son choix de travailler sur un blockbuster en représente le premier témoin. Comme si le ce réalisateur et homme de très haute conviction avait eu besoin de prendre un peu l’air en jouant de légèreté. Car cet artiste au talent indéniable a parfois fait preuve de lourdeur dans son expression cinématographique. Dans ce film, Spike Lee va garder ses thématiques et une belle cohérence sous une forme tout en légèreté. Il va continuer par exemple à dénoncer les stéréotypes raciaux ou la violence mais avec beaucoup d’humour et dans un cadre de divertissement. « Inside man », sans doute un premier pas vers plus de sagesse et de maturité pour ce réalisateur. On le sent vouloir étendre son point de vue à de nouveaux horizons. Ici, en arrière-plan, le scénario dénonce l’injustice contre les juifs. Les otages représentent autant de facettes d’un microcosme cosmopolite qu’il observe bien au-delà de la cause noire. L’interaction noir/blanc est représentée ici sous forme ludique de jeu de chat et de souris sous les traits de Denzel Washington et Clive Owen, même si le réalisateur reste quelque peu sur ses rails avec la représentation du bandit blanc et du policier noir. Faut tout de même pas en demander trop en une seule fois pour ce réalisateur qui fait preuve pour l’occasion d’une magnifique ouverture d’esprit.
Par ailleurs, Spike Lee va blockbusteuriser avec talent, s’appuyant sur un scénario très bien ficelé, distillant avec soin les indices et les fausses pistes, multipliant les rebondissements sur un rythme soutenu. Sa mise en scène est très efficace et on reconnaît sa patte toute particulière, par exemple dans cette envie de travailler dans un espace très restreint qui frôle le huis clos, la majeure partie du film se déroulant dans une rue et une banque. La distribution prestigieuse va jouer tout son rôle également, surtout en ce qui concerne Clive Owen, très étonnant dans sa force maîtrisée et Denzel Washinton, en territoire familier chez Spike Lee, et qui n’essaie pas d’exister à tout prix. Leur affrontement psychologique est un petit régal. On regrettera seulement la présence beaucoup trop effacée de Willem Dafoe. Enfin, la réalisation de ce polar aura permis à Spike Lee de faire un petit clin d’œil à l’un de ses films préférés : l’excellent « Un après midi de chien » de Sidney Lumet dont on reconnaîtra les similitudes aisément. Vraiment, une très belle surprise que cet « Inside man », bien plus intelligente et subtile que la simple machine à pop-corn que l’on pouvait craindre.
Avec Denzel Washington, Jodie Foster, Clive Owen, ...
Année de production : 2005
Synopsis
Avant que Johnny Cash ne devienne la plus célèbre star de son temps, l'histoire commence dans l'Arkansas, en pleine Grande Dépression, lorsqu'il n'était encore que fils de métayer. Quelques années plus tard, Cash sillonne les routes américaines lors de tournées éprouvantes, auprès des pionniers du rock, Elvis Presley, Carl Perkins, Roy Orbison, Jerry Lee Lewis et Waylon Jennings, avant de donner son inoubliable concert au pénitencier de Folsom, en 1968.
On r’fait le film
Le problème avec les adaptations biographiques au cinéma réside dans le fait qu’elles restent figées structurellement, collées à une incapacité de sortir du récit qu’elle raconte. Difficile pour un metteur en scène de déployer un liberté artistique sans trahir une certaine authenticité historique. On en a eu encore un exemple récemment avec l’adaptation de Ray Charles. Et pourtant, malgré la difficulté, Milos Forman avait réussi à sortir des sentiers battus avec « Amadeus », qui bénéficiait, il est vrai, d’un extraordinaire scénario.

« Walk the line » ne réussit pas vraiment à surprendre d’un point de vue scénaristique ou de mise en scène. La narration reste très classique, linéaire, prévisible. « Walk the line » ou « Trace ta route et n’en bifurque pas ». Le titre, assez moralisateur, préfigure d’un récit archi classique et simpliste d’une chute en enfer suivie d’une rédemption dont Hollywood raffole.
Et pourtant, tout n’est pas à jeter car le scénario réussit à se concentrer sur deux points très précis du chanteur : d’abord la culpabilité pour Johnny Cash de ne pas avoir été un fils et idéal. Ensuite son obsession de vouloir décrocher l’amour idéal. Cette focalisation autour de deux thèmes importants évite la dispersion tout en intensifiant la dramaturgie. Le récit se passe volontairement d’observer la carrière ou la musique du chanteur, concentré sur les l’interprétation des thèmes mis en avant. Ensuite, l’interprétation sublime de Joaquin Phoenix et de Reese Whiterspoone parvient à donner une véritable émotion au récit.
James Mangold reste loin de la force narrative de « Copland ». Il n’étonne pas, mais parvient tout de même à toucher.
Avec
Jeff Bridges, Robin Williams, Adam Bryant, Paul J. Lombardi, Mercedes Ruehl, David Hyde Pierce, Amanda Plummer, Ted Ross, Lara Harris, Warren Olney, Frazer Smith, Kathy Najimy, Harry Shearer, Melinda Culea, James Remini,
Synopsis
Jack, cynique et célèbre présentateur de radio, mis à mal par la mort d'un de ses auditeurs, est sauvé de l'attaque d'une bande de loubards par Parry, clochard ex-professeur de lettres dont la femme fut la victime d'un auditeur trop attentif de Jack.
Mon avis
Terry Gilliam fait partie de ces cinéastes qui recherchent le monde du rêve à tout prix. On pourrait comparer facilement sa démarche cinématographique à celle d'un Tim Burton ou d'un Emir Kusturica, car tous ont cette volonté passionnelle de transcender le réel en permanence. Ici, une fois de plus pour Gilliam, c'est la fameuse quête du Graal qui va inspirer son récit et lui permettre d'insérer la fable au sein du monde réel. On reconnaît bien là le metteur en scène de « Brazil », d
ans cette course folle vers les mondes irréels et poétiques, dans ce combat contre le réel oppressant. Dans ce « Roi pêcheur », l'aspiration au rêve se profile comme un sens profond donné à la vie, en opposition aux futilités que recèlent une certaine aisance financière. Contrairement Le film aurait pu s'appeler « Le sens de la vie » comme le titre d'un autre des films de Gilliam. Les comédiens sont parfaits avec une mention toute spéciale pour les deux filles Amanda Plummer et Mercedes Ruelh. Pour moi, presque un chef-d'oeuvre.
Avec Jeff Bridges, Robin Williams, Amanda Plummer, ...
Année de production : 1991
Quelque part dans le 20ème siècle, dans une société entièrement dominée par la bureaucratie, Sam Lowry (Jonathan Pryce) est un des milliers de fonctionnaires qui travaillent au ministère de l'Information et qui jour après jour répète les mêmes gestes, les mêmes courbettes vis à vis de ses supérieurs. Sam ne se plaint pas du poste qu'il occupe car sa vraie vie il la goûte chaque nuit dans ses rêves. Tout bascule quand un cafard (un bug) provoque un dérèglement dans cette grosse machine bureaucratique : on fait une erreur dans un ordre d'arrestation en confondant le nom du terroriste chauffagiste clandestin Tuttle (Robert de Niro) avec Buttle, le nom d'un honnête père de famille. Sam enquête sur cette erreur et rencontre Jill (Kim Greist) la figure angélique de ses rêves et entre au ministère du Recoupement pour en savoir plus sur elle. A partir de là les ennuis commencent, des ennuis qui vont faire passer notre personnage de l'état d'enfant à celui d'homme.
Sur l'univers oppressant de George Orwell, deux films sont souvent comparés : "1984" et "Brazil". Mais à mon sens, celui de Terry Gilliam est beaucoup plus riche, plus fou, plus osé avec plus de symboliques également. « Brazil » est un des rares films à approcher l’univers de Kafka aussi bien. A cet égard, voir également « Eraserhead » de David Lynch. Il semblerait donc que les adaptations cinématographiques d’un des plus grands auteurs de la littérature soient très périlleuses. Tout le génie d’Orson Welles dans son « Procès » n’aura d’ailleurs pas réussi à me convaincre. « Brazil », un chef-d’œuvre de l’onirisme où le rêve prend des allures d’arme contre l’extrême noirceur pessimiste, le rêve pour continuer à penser dans un monde où la pensée est devenue interdite. Ici, presque comme une réponse d’espoir au désespoir du monde d’Orwell… le rêve plus fort que la réalité… comme cette chanson, « Brazil », symbole d’exotisme et d’évasion. LE chef-d’œuvre de Terry Gilliam !
Avec Jonathan Pryce, Robert De Niro, Kim Greist, ...
Année de production : 1985
Roslyn Taber (Marilyn Monroe) vient de divorcer et, malgré le soutien chaleureux de sa vieille amie Isabel (Thelma Ritter), le vit plutôt mal. Deux hommes rencontrés par hasard à Reno, le garagiste Guido (Eli Wallach) et Gay, un cow-boy sur le retour (Clark Gable), lui proposent de rester quelques jours dans la maison de Guido, à l'écart de la ville, pour se reposer. Bientôt, l'arrivée de cette étrange femme-enfant va provoquer des tensions entre les deux hommes, accrues par l'entrée en scène du séduisant Perce, qui sillonne le Nevada, de rodéos en rodéos. Leur rivalité et leur incommunicabilité vont éclater lors d'une dramatique expédition dans les montagnes, à la recherche de pur-sangs à capturer...
Encore un exemple de film où la fusion entre deux fortes personnalités engendre la légende cinématographique. John Huston et Arthur Miller, le premier derrière la caméra, le second à l’écriture.
Une œuvre aux idées sombres tournées en noir et blanc. Un scénario qui donne vie aux personnages torturés et qui fait beaucoup penser à l’écriture de Tenessee Williams et ses êtres désaxés. En tout cas, une écriture très authentique, comme un mélange d’autobiographie et de pensées sur la vie. Le regard sur le personnage de Marilyn Monroe semble n’être qu’une interprétation sur la femme elle-même, compagne de l’auteur à l’époque. Cette phrase que dit Wallach à Gable à propos de Roslyn/Marilyn Monroe transpire de vérité : « Elle est difficile à saisir tu sais… Des fois, elle à l’air un peu idiote et inexpérimentée, comme une gosse, et d’un seul coup…. En tout cas, elle ne laisse pas indifférent ». Bien vu monsieur Miller ! Et ce regard de compassion intense et extrême sur
cette nature sauvage qui fout le camp…ces mustangs sauvages en voie d’extinction, ces cow-boys issus d’un autre temps. Monroe, surpuissante, d’une densité extrême, où chaque seconde est investie. Un jeu qui ressemble à celui de Gloria Swanson dans « Sunset boulevard » ou Romy Schneider dans « « L’important, c’est d’aimer », quand ces actrices ne semblent plus jouer que leur vrais sentiments. Quand l’actrice et le personnage ne font plus qu’un. Et magnifiquement entourée d’une distribution d’anthologie ; Gable, Clift, Wallach, Ritter, au sommet de leur art, semblent regarder Marilyn comme un Monument historique. Pfff, quelle émotion dans le jeu de ces comédiens !!! Et puis Huston, qui filme au plus près des visages pour extorquer chaque émotion dans le regard et qui tout d’un coup, place sa caméra à des kilomètres de Monroe quand elle hurle son désespoir devant le massacre des mustangs. Quand Huston filme l’impudeur pudiquement… Quelle actrice, quelle équipe, quel film !!! Et pour rajouter une couche à ce qui était déjà inscrit comme anthologie, Gable qui meurt peu après le tournage, Monroe un an plus tard, Clift, deux ans plus tard. La fin d’une époque cinématographique…
Avec Clark Gable, Marilyn Monroe, Montgomery Clift, ...
Année de production : 1960
Synopsis
Carla Moran est un soir brutalement agressée et violée par une entité mystérieuse dans un pavillon proche de Los Angeles. La nuit suivante, de mystérieux phénomènes d'une rare violence provoquent sa fuite. Des parapsychologues lui confirment bientôt qu'elle est la proie d'une force maléfique...
Pensées subjectives
Un Monument du thriller fantastique qui surpasse tout ce qui s’est fait dans le genre ! Ne fût-ce que par sa crédibilité, ce film surpasse « l’exorciste » de Friedkin. Il faut remonter en 1953 avec « La maison du diable » de Robert Wise pour retrouver une telle authenticité sur le monde paranormal. On le sent tout de suite, Sidney J. Furie a de l’ambition pour son bébé et ne craint pas de se frotter à ses illustres prédécesseurs. Effets spéciaux et bande son d’une rare violence travaillent au service d’une mise en scène très personnelle et efficace. Le film n’est jamais tape à l’œil ou voyeuriste, aidé en cela par un scénario en béton qui humanise l’ensemble du propos. L’incompréhension de l’entourage par rapport à une personne touchée de plein fouet par un phénomène surnaturelle n’a jamais été aussi bien traitée que dans ce film. L’isolement du personnage central est aussi frustrant que bouleversant, interprété brillamment par la talentueuse Barbara Hershey. Un voyage vécu au bout de la peur et du plaisir. Si vous ne l’avez pas vu, vous n’avez rien vu !
Avec Barbara Hershey, Ron Silver, David Labiosa, ...
Année de production : 1981

Avant de se voir libéré de ses obligations, Arthur et ses Chevaliers de la Table Ronde se voient confiés une dernière responsabilité : libérer la belle Guenièvre. Mais durant sa mission, Arthur aura le choix de s'enfuir et d'être libre, ou d'affronter les Saxons et foncer vers une mort certaine...
Pensées subjectives
Le roi Arthur... "Des découvertes récentes et des études archéologiques montrent que la légende du roi Arthur, datant de la fin du Moyen-Age, repose sur des faits historiques qui ont eu lieu mille ans plus tôt...". D'entrée de jeu, on apprend que le scénariste a travaillé à contrario de nos préjugés : on attend une histoire médiévale, cet Arthur-là vit à la fin de l'Antiquité ! De Graal, de Dame du lac, de Morgane, de magie, il n'en sera pas question. Et pourtant des références émailleront le récit ici et là, comme la présence de Merlin, non pas le Mage mais le Sage, ou comme cette épée que le jeune Arthur extrait... de la terre.
Les références historiques sont-elles avérées ? Devant le manque d'explication sur ces « découvertes récentes », plus d'un historien en doutent. Qu'importe, ici, c'est la démarche artistique du scénariste qui est jugée. Et appréciée. Car le scénario y a trouvé une force : entre temps et contretemps, entre réalité et références mythiques, il trouve sa cohérence.
Une cohérence que le scénariste met au service d'autres idées qu'il développe, sur la liberté, le libre arbitre, la propriété, le code d'honneur, la trahison... et ce en évitant les pièges du manichéïsme : c'est le bon Arthur qui, au service des romains, tuent les siens, les bretons ; son ennemi, lui (interprété brillamment par Stellan Skarsgard !), hait par-dessus tout les traîtres.
Bref, un excellent scénario... dommage qu'il soit si mal servi par une mise en scène lourde, lente, avec des fautes techniques, et par un acteur principal pas toujours à la hauteur (Clive Owen le Trop bien coiffé).
Avec Clive Owen, Keira Knightley, Ioan Gruffudd, ...
Année de production : 2003













